![]() |
|
|
|
Human Rights Watch s’installe à Paris
L’association, dont les rapports font autorité, se renforce en Europe.
Par THOMAS HOFNUNG
QUOTIDIEN : mercredi 10 octobre 2007
Après Berlin, il y a deux ans, et quinze années après Bruxelles, l’association américaine de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), ouvre un bureau à Paris, renforçant ainsi son maillage sur le continent européen. L’antenne française sera dirigée par Jean-Marie Fardeau, un ancien du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).
Hier, devant un aréopage de parrains (Jean-Louis Servan-Schreiber, Tahar Ben Jelloun, Costa-Gavras), son directeur, Kenneth Roth, a expliqué :
«Compte tenu de la perte de crédibilité américaine [du fait des abus de la lutte antiterroriste et du fiasco irakien, ndlr],
la voix des gouvernements européens - toujours influente - est aujourd’hui plus importante que jamais.»
Basée à New York et financée uniquement par des dons de personnes privées ou de fondations, HRW enquête sur les violations des droits de l’homme à travers le monde. Bien étayés, ses rapports font souvent autorité, obligeant les gouvernements à réagir. Récemment, elle a ainsi épinglé les crimes commis par la garde présidentielle en République centrafricaine, interpellant au passage Paris qui a déployé 400 soldats dans son ancienne colonie et tente de former l’armée à Bangui.
Parmi les dossiers que HRW va suivre prioritairement à Paris figurent justement le Tchad et la Centrafrique, mais aussi la procédure judiciaire engagée contre l’ancien président tchadien Hissène Habré, réfugié à Dakar. Lors d’un déplacement sur place, fin juillet, le président Sarkozy a promis l’aide financière de la France au Sénégal pour mener à bien ce procès qui traîne depuis des années.
«Nous avons été encouragés par le soutien aux droits humains clairement exprimé par le président Sarkozy», a noté Kenneth Roth, évoquant
«une politique plus active […] dans des endroits tels que le Darfour et la Russie.» Mais le directeur de HRW a aussi appelé Paris à assurer
«la défense des personnes les plus marginalisées et les plus vulnérables ici, en France, notamment les migrants et les demandeurs d’asile», tout en refusant de prendre position sur le recours aux tests ADN.
|
|
| Accueil | Libé en pdf | Archives | Newsletter | Emploi | Annonces | Abonnements | Recherche libération : contacts | Publicité | Index © Libération | designed by BT France Licence | Données personnelles | Charte d'édition Un site de Libération Network |
||