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Taubira, son parti préfère qu'elle n'y aille pas
La députée veut s'appuyer sur la base du PRG afin d'imposer sa candidature pour 2007.
Par Gilbert LAVAL
QUOTIDIEN : Lundi 16 octobre 2006 - 06:00
Toulouse de notre correspondant
Christiane Taubira y croit encore. A une semaine de son congrès
à Paris qui doit trancher la question, la direction du PRG
encourage chaque jour un peu plus ses cadres à faire l'union
derrière le PS dès le premier tour de la présidentielle. La députée
de Guyane, elle, continue au contraire à accumuler les soutiens à
sa candidature. Après quelques solides fédérations comme celles de
Bretagne ou de Seine-Saint-Denis, ce sont les jeunes du Parti
radical de gauche qui se déclarent favorables à la voir représenter
les radicaux à cette mère de toutes les batailles politiques.
«Les autorités du PRG sont vent debout contre toute candidature
radicale de gauche à la présidentielle», observe la députée de
Guyane, qui a arraché 2,32 % des voix pour ce parti le 21 avril
2002 un score auquel nombre de socialistes imputent la défaite de
Lionel Jospin. Christiane Taubira croit cependant deviner que les
militants sont beaucoup plus partagés. En foi de quoi, elle
accélère son tour de France des fédérations. Elle dit y découvrir
une
«véritable dynamique» en sa faveur :
«Il existe un débat démocratique vivant. La direction du parti
aurait tort de considérer qu'il est déjà tranché.» Son
argumentation est simple : la politique étant l'art d'additionner
les voix, sa candidature amènera à la gauche des électeurs qui,
sans cela, se seraient dispersés.
Bassiner. L'argumentation adverse n'est pas moins
limpide :
«Il faut réaliser le meilleur score possible au premier tour
pour espérer battre Sarkozy au second», analyse simplement
Roger-Gérard Schwartzenberg, député du PRG. Le parti avait retenu
en 2004 le principe d'une candidature radicale dans le cas où la
gauche serait incapable d'organiser des primaires en son sein. Mais
«les candidatures de témoignage sans espoir d'être élu n'ont
jamais rien fait bouger», corrige un vice-président que
Christiane Taubira commence à
«sérieusement bassiner». Le ton est inaccoutumé chez les
radicaux. Il faut dire que le fossé se creuse entre les adhérents
traditionnels élus ou notables des zones rurales et les
nouveaux militants urbains. Pour le nouveau militant de
Seine-Saint-Denis Fodé Sylla, ancien président de SOS Racisme et
député européen élu en 2004 sur la liste Robert Hue,
«ceux qui se sont toujours sentis exclus de la représentation
politique vivraient cette absence d'une femme noire dans le débat
comme une frustration supplémentaire».
Combines.
Les deux camps en viendraient aux gros mots à propos du PS,
qui propose une trentaine de circonscriptions au PRG pour les
législatives de 2007 en échange d'un soutien à la présidentielle.
Selon Christiane Taubira,
«plus que jamais déterminée à aller jusqu'au bout», ce
«paiement en promesses électorales [ne peut] acheter une
conscience qui n'est pas à vendre». Loin de
«ces combines de boutiquiers», insiste-t-elle, les radicaux
ne sont pas des
«ramasse-miettes» marchandant leur engagement
«pour un plat de lentilles» . La réponse en interne a fusé :
«Propos indignes et offensants.»
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