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Le jour où Sarkozy stupéfia l’Afrique
La polémique autour de Henri Guaino – qualifié de «raciste» par Bernard-Henri Lévy – vient de ce discours prononcé par le Président à Dakar, et écrit par le conseiller de l'Elysée. Il parlait de «l'homme africain» qui «jamais ne s'élance vers l'avenir». Rappel des faits.
Thomas Hofnung
LIBERATION.FR : mardi 9 octobre 2007

«Je ne suis pas venu, jeunesse africaine, pour pour pleurer avec toi sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.» Le 26 juillet dernier, à l’Université de Dakar Cheikh Anta Diop, Nicolas Sarkozy a corrigé Henri Guaino sur un seul point: ce tutoiement paternaliste présent dans le texte écrit par son conseiller a disparu à l’oral.
Pour le reste, n’en déplaise à Bernard-Henri Lévy, le président de la République a pleinement assumé un discours qu’il a peut-être découvert «dans l’avion», comme le croit BHL.

Le discours de Dakar ne se laisse pas facilement enfermer dans un jugement péremptoire. Car, comme l’a souligné Jean Daniel, le patron du Nouvel Observateur, jamais sans doute un président français n’avait été aussi loin dans la critique de la colonisation: «Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’Homme, un crime contre l’humanité.»

Tout en reconnaissant, donc, «la grande faute» que fut la colonisation, le président, fidèle à lui-même, a toutefois refusé de formuler des excuses. «Le colonisateur a pris, mais il a aussi donné, a-t-il dit. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des écoles.» Le chef de l’Etat a par ailleurs insisté sur le fait que la colonisation n’était «pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption…» Exonérant, au passage, les complicités inavouables entre Paris et les potentats locaux, à commencer par Omar Bongo. Le «doyen» d’Afrique, au pouvoir depuis 1967, est installé au pouvoir par la France du général de Gaulle et de son conseiller pour l’Afrique, Jacques Foccart.

Mais la partie la plus controversée, et la plus contestable, du discours de Dakar a trait à des considérations historico-philosophiques sur «L’homme africain». Il ne serait pas «assez entré dans l’histoire». Dans son imaginaire, «il n’y a pas de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès». «Jamais il ne s’élance vers l’avenir»…

Il faut imaginer ce discours prononcé devant des professeurs et quelques étudiants sénégalais. Leur surprise, et leur stupéfaction. Un président français aurait-il osé se lancer dans de telles considérations aux Etats-Unis sur «l’Homme américain» ou à Pékin sur «l’homme chinois»? Interrogé quelques heures plus tard à Dakar par Libération, Henri Guaino se montrait pourtant sûr de son fait, et de la valeur d’un discours «pas démagogique», «pas écrit pour faire plaisir aux journalistes», surtout de gauche…

«Vous vouliez que le président prononce un discours de sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines?», lançait-il. Selon lui, Sarkozy venait de délivrer sa «vision» de l’Afrique et des Africains, pour mieux se tourner vers l’avenir. Effet garanti: ce discours a suscité une vague d’indignation en Afrique francophone. Une historienne malienne vient de demander à ses collègues de s’atteler à la rédaction d’un manuel du continent pour «mettre Sarkozy à niveau de connaissance de l’histoire africaine».

XavierAh ben ça !
C'est sur que l'homme africain qui espère en l'avenir en venant en France, on le renvoit dans le passé de son régime totalitaire... Il y croit, mais Sarko ne veut pas le laisser faire !... Mercredi 10 Octobre 2007 - 11:27
jockerbhl for ever
il est plus facile d'avoir la geule ouverte que le bras tendu .Monsieur BHL à la science infuse comme toujours . puisque qu'il est si brillant il pourrait entrer au gouvernement pour résoudre tous l... Mercredi 10 Octobre 2007 - 11:24
bastieBHL chroniqueur mondain
Je laisse BHL à ses chroniques de dandy pour le journal Elle. En revanche, n'est-il pas vrai que les africains, à la différences des asiatiques ne se sont pas encore pris en main? Le retard du cont... Mercredi 10 Octobre 2007 - 11:06
jpfn'oublions pas napoleon
napoleon a commis le premier crime contre l'humanité en rétablissant l'esclavage en 1802 après son abolition par la Convention en 1794 pour obéir à la déclaration des Droits de l'Homme et du Cit... Mercredi 10 Octobre 2007 - 10:08
paulwhat?
Content, surpris de savoir BHL sur une ligne antiraciste . J'ai toujours cru que son pote Bruckner Pascal (avec son sanglot de l'homme blanc) cherchait à décomplexer les néocolonialistes de leurs v... Mercredi 10 Octobre 2007 - 09:54
L'africainL'homme Francais et L'homme Europeen
L'homme Francais n'aime pas regerger son passer ni son présent, il aime aprésenter un avenir idealiste et humaniste mais qui au fond ne se préoccupe que de son interêt. L'homme europeen est plein... Mercredi 10 Octobre 2007 - 09:49
gelodu mépris
Un jour, dans une file d'attente d'embarquement, de l'hôtesse qui courtoisement lui disait que son rang n'avait pas été appelé, BHL dit à son interlocuteur "j'ai été refoulé par une personne s... Mercredi 10 Octobre 2007 - 09:39
Tonton JCDiagnostic
Zébulon, tu parles justement d'un "diagnostic" nécessaire. Maintenant, évitons l'amalgame : un diagnostic, ce n'est pas une accumulation de clichés. Aux bons moralistes qui posent un oeil paternal... Mercredi 10 Octobre 2007 - 09:35
jules ferrya l'école
L'explication est simple: nous sommes gouvernés par des ignares (doublés de donneurs de leçons- c'est souvent lié). Et pas seulement en histoire! C'est ça la TV démocratie, aussi. Le pouvoir pol... Mercredi 10 Octobre 2007 - 09:30
A.C.Gégueu et petit con
J'apprécie les intellectuels BHL, comme, mais pas plus que les autres. Des mots choisis et justes: "raciste...". Une réponse vulgaire: "petit con" qui me fait penser à celle des morpions qu'on a t... Mercredi 10 Octobre 2007 - 09:23
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