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Ces options qui peuvent donner de l’air à Matignon
Pour contrer le fléchissement de la croissance, plusieurs voies sont possibles.
CHRISTOPHE ALIX et GRÉGOIRE BISEAU
QUOTIDIEN : jeudi 27 mars 2008
Comment traverser un violent trou d’air conjoncturel sans passer par la case rigueur et ses incontournables hausses d’impôts ? Malgré le net fléchissement de la croissance en 2008, le gouvernement dispose de trois soupapes précieuses. A condition que l’estimation revue et corrigée à 1,7 % de hausse du PIB cette année tienne. Laisser filer. D’abord, geler la petite cagnotte budgétaire de 7 milliards d’euros mis en réserve (lire ci-dessous). Ensuite, laisser filer les comptes publics. Alors que le déficit budgétaire 2007, annoncé vendredi, sera, dixit Christine Lagarde, «légèrement supérieur» aux 2,4 % du PIB initialement prévu, la détérioration va s’accentuer en 2008. Mais sans doute pas au point de dépasser la barre fatidique des 3 % imposée par le pacte de stabilité européen. Etabli à partir d’une hypothèse de croissance de 2,25 % cette année, le budget devrait ainsi générer un déficit très supérieur aux 2,3 % prévus. «La révision de la croissance va provoquer mécaniquement au minimum 0,3 % de déficit en plus en raison de moindres rentrées fiscales, explique Xavier Timbeau, directeur de l’analyse et de la prévision à l’OFCE, l’Observatoire français des conjonctures économiques. Soit un déficit à la fin 2008 qui devrait avoisiner les 2,8 % dans le meilleur des cas et flirter avec les 3 %.» Ce qui devrait permettre à la France de tenir son rang pendant sa présidence de l’Union européenne. Conformément à ses engagements, l’Hexagone doit revenir à l’équilibre à partir de 2010 et au plus tard en 2012. Léger décalage avec la parole de Christine Lagarde qui promettait, nuance de taille, «qu’on serait proche de l’équilibre en 2012»… Bourse. Enfin, le gouvernement pourra toujours ouvrir la cassette dans laquelle il conserve ses participations dans des entreprises cotées. L’Etat reste riche. A la fin de l’année 2007, ses principales participations dans des entreprises cotées à la Bourse s’élevaient à 192 milliards d’euros (dont 80 % sont assurés par la valorisation d’EDF et de GDF). En décembre, le gouvernement avait déjà montré la voie en annonçant, à la surprise générale, la cession de 2,5 % du capital d’EDF (pour 3,7 milliards d’euros) pour financer un plan de rénovation des universités. Et ce alors que la loi prévoit que les cessions de participations doivent être entièrement affectées au désendettement de l’Etat. Sur cette lancée, le gouvernement va être tenté de recommencer ce genre d’opération. En 2007, l’Etat a retiré 6,2 milliards d’euros de recette de privatisation contre 16 milliards en 2006. Toujours actionnaire de 84,7 % d’EDF (la loi lui permet de descendre jusqu’à 70 %), il peut aussi compter sur ses 68 % dans Aéroports de Paris, ses 15 % de Renault ou 27 % de France Télécom. Quant à une éventuelle privatisation d’Areva, Christine Lagarde, a hier juré n’avoir «aucun plan» pour le leader du nucléaire civil. Reste que la conjoncture boursière est pour le moins déplorable. Depuis le début de l’année, l’action EDF a par exemple chuté de 33 %. Donc pas franchement le moment de vendre. |
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