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Michel Fourniret défie du regard le père de sa troisième victime
Jugé pour sept homicides aggravés, le tueur en série présumé a de nouveau pris la parole ce mercredi pour avouer le troisième meurtre, celui de Jeanne-Marie Desramault.
Liberation.fr (avec Reuters et Source AFP)
LIBERATION.FR : mercredi 9 avril 2008
Neuvième jour du procès Fourniret. Pour la deuxième fois, en deux jours, le tueur en série présumé est sorti de son mutisme. Il l’avait déjà fait la veille pour défendre son épouse, Monique Olivier, qui comparait à ses côtés pour complicité. Ce mercredi, il a avoué à la cour d’assises des Ardennes le troisième meurtre, sur les sept dont il répond. En revanche, il a refusé de répondre aux questions des avocats et de parler au père de la victime. Depuis le début de son procès, prétextant le refus du huis clos qu’il souhaite, il refuse de s’exprimer.

Après la lecture des charges d’enlèvement, séquestration, tentative de viol et meurtre, l’accusé, prié de préciser sa position, répond: «Vous venez de lire les faits qui me sont reprochés. Je reconnais ces faits». Ce mercredi, la cour examine le troisième meurtre attribué à Michel Fourniret. Celui de Jeanne-Marie Desramault, une jeune fille de 21 ans disparue le 18 mars 1989. Son corps a été découvert sur les indications de l’accusé le 3 juillet 2004 dans le parc du château du Sautou, dans les Ardennes, l’ancienne propriété du couple, après son arrestation en 2003.


Ce dossier est particulier: c’est le seul où Monique Olivier est coaccusée d’avoir non seulement enlevé, mais aussi tué la jeune fille. Un témoin présente Jeanne-Marie Desramault. C'est une jeune fille «fleur bleue, gentille, douce et naïve aussi». Très croyante, elle «cherchait à faire connaissance avec les gens qu’elle rencontrait et avait toujours un a priori positif, avait le cœur ouvert».


«Justice pour Jeanne-Marie»

L’émotion submerge plusieurs jurés lorsque le père de Jeanne-Marie, Henri, 87 ans, vient en fauteuil roulant à la barre, soutenu à distance par deux religieuses et les autres familles de victimes. Le vieil homme, cheminot à la retraite, amaigri et diminué, s’exprime péniblement. Il regarde en silence l’accusé, qui soutient son regard. Sans ciller. Avant de fondre en larmes et pendant que sont projetées sur un écran les photos de sa fille, qui était son seul enfant, Henri Desramault, n’a que ces mots : «Je demande justice pour Jeanne-Marie».

L’avocat de la famille Desramault, Didier Seban, sur qui Michel Fourniret a hurlé mardi, l'interpelle. Il lui rappelle une déposition antérieure: «C’est parce qu’elle évoquait la Vierge Marie que vous l’avez choisie? Vous n’avez rien à dire à M. Desramault? C’est peut-être la dernière fois que vous le verrez». Debout à quelques mètres dans son box, visage dur et figé, Fourniret répond: «Vous connaissez ma position, permettez moi de vous la rappeler». Et il reste debout, les yeux dans ceux de l’avocat, sans bouger, pendant une vingtaine de secondes.

Interrogée, son épouse Monique Olivier reconnaît elle aussi les faits qui lui sont reprochés. Son avocat précise aussitôt qu’elle nie sa coaction dans le meurtre, retenue par l’accusation.

Les époux Fourniret ont rencontré leur victime plusieurs fois

Etudiante à Charleville-Mézières, où elle logeait dans une institution religieuse, Jeanne-Marie Desramault prenait le train tous les samedis pour rentrer chez ses parents à Béthune. Elle rencontre Michel Fourniret lors d’un de ces voyages, explique Monique Olivier. Le tueur présumé engage la conversation et fait mine de partager sa ferveur religieuse.

A la gare, l’épouse de Fourniret attend son mari. Le trio fait connaissance. Et convient alors de se revoir. Pour la mettre en confiance, Michel Fourniret lui propose une sortie en Belgique et le couple vient la retrouver un jour à la sortie des cours, avec leur fils Selim, âgé de quelques mois. «Michel Fourniret avait voulu lui faire une surprise», raconte l’accusée. Après un repas dans une pâtisserie, Jeanne-Marie est raccompagnée à Charleville. Indemne.

Plus tard, Monique Olivier téléphone à son institution religieuse en se présentant sous un faux nom, pour relancer la jeune fille. Le 18 mars 1989, Michel Fourniret organise une rencontre à la gare de Charleville. Il persuade Jeanne-Marie de venir chez eux. Où il la tue. Il l'enterre ensuite dans sa propriété de Sautou.

Après la mort de la jeune fille, le père de Jeanne-Marie a pris le train qu’elle devait prendre ce jour-là pendant des mois, montrant sa photo à tous les voyageurs. Devant la cour Jenny Broukaert, une cousine de Jeanne-Marie Desramault, déclare à son sujet qu’«il n’a plus le goût de vivre. Il ne mange plus depuis le début du procès. Il est bourré de médicaments. […] Je crains qu’il n’ait pas le courage de vivre après». La mère de Jeanne-Marie est morte en 1993. Sans savoir que sa fille unique avait été assassinée.

JCDCe serait plus sympa
"Et le laisser en liberté surveillée", a écrit Léonidas. Allons, Monsieur, ne soyez pas aussi implacable. En liberté tout simplement, ce serait tellement plus sympa ! En lisant certaines réac... Mercredi 09 Avril 2008 - 22:26
cravanDeux pervers
Ce sont deux pervers, c'est tout ! Ils cherchent à bloquer le "jeu". Elle se rend compréhensible et avec des remords... Lui, se blinde en faisant celui qui sait : "on aura besoin de moi car je suis ... Mercredi 09 Avril 2008 - 20:44
RedhousePassé recomposé
Si la deuxième femme de Fourniret était au courant de sa première condamnation, alors elle n'est pas plus claire que la troisième... Mercredi 09 Avril 2008 - 18:20
LittrowELLE, PIRE QUE LUI ?
D'après ce qu'on lit, je me demande si la femme de Fourniret n'est pas pire que lui. Fourniret est un maniaque déviant, un grand malade, un fou. Et elle l'a aidé dans ses plans, elle l'a secondé d... Mercredi 09 Avril 2008 - 18:09
LéonidasRegard d'un tueur
Fourniret a brisé la vie de ces gens. C'est un monstre. Son regard est fort. C'est un prédateur né. C'est dans sa nature. Il faut l'admettre. Et le laisser en liberté surveillée. ... Mercredi 09 Avril 2008 - 17:57
matc'est dingue
cette personne est déséquilibrée, probablement depuis l'enfance, maintenant il a passé les 3/4 de sa vie a assouvir ses morbides pulsions. oui le jugement est important pour les familles, mais les... Mercredi 09 Avril 2008 - 17:56
inconnuça me donne la gerbe!!!!
faire passer fourniret plusieurs fois devant la justice est une pertes de temps puisqu il reste muet a chaque question poser par le juge. qu on l enferme une bonne fois pour toute et qu il soit con... Mercredi 09 Avril 2008 - 17:34
ManuPerpet ?
La peine capitale ayant été supprimée, il va avoir perpet' ! mais perpet en France, c'est 30 ans max !!! on pourrait faire un vrai perpet pour ces gars la ! dans 3 m² pour qu'il cogite bien a sa c... Mercredi 09 Avril 2008 - 17:11
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