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à la barre
Affaire Ouaddou : trois mois de sursis requis
![]() Cissé (Metz, à g. ) et Ouaddou (Valenciennes). Reuters
C.Mt avec AFP
QUOTIDIEN : mercredi 19 mars 2008
Le 16 février, Christophe H., 37 ans, supporteur du FC Metz assistait au match de Ligue 1 opposant son club à Valenciennes. Il a passé la première mi-temps à proférer des insultes, criant vers le terrain : «Sale négro», «sale arabe», «espèce de singe». A la mi-temps, le capitaine marocain de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou, a quitté la pelouse pour aller s’expliquer avec lui. Les règlements n’autorisant pas les joueurs à approcher les supporteurs, Ouaddou a reçu un carton jaune. Mais son geste télévisé a fait de l’«affaire Ouaddou» celle du racisme ordinaire. Placé en garde à vue pendant trente-six heures, Christophe H. avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Le préfet de Moselle l’avait interdit de stade pour trois mois.
Hier, le supporteur était jugé devant le tribunal correctionnel de Metz. Les journalistes étaient là en nombre. Les parties civiles aussi : neuf associations, fédérations ou individus ayant porté plainte contre le prévenu. Pour l’exemple. A la barre, Christophe H., que son père avait décrit dans le Républicain lorrain comme quelqu’un de «timide», «un peu retardé», s’est défendu en affirmant que les insultes «n’étaient pas destinées» à Ouaddou mais qu’«elles étaient dirigées vers un joueur du FC Metz». Pourquoi ? «J’étais énervé. Metz perdait. Je me suis laissé emporter. Je ne suis pas raciste. Je n’ai pas réfléchi, je le regrette. Je m’excuse sincèrement.» Son avocat, Me Arnaud Vauthier, a pris la suite : «Mon client a un tempérament un peu simplet. Il ne se rend pas compte. Les faits sont graves. On n’est pas là pour les minimiser. Mais là, il s’agit d’un homme qui reconnaît ses faits et qui s’en excuse. Ce n’est pas le procès du racisme dans le foot.» L’avocat du FC Metz, Me Guy Reiss, a de son côté dénoncé la «lâcheté innommable» du supporteur, parce qu’«il est tellement facile de crier "sale nègre" quand on est protégé par la foule». «Ce n’est pas de la bêtise ordinaire. C’est de la haine ordinaire», a affirmé Me Michel Tubiana, avocat de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Le parquet de Metz a requis trois mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve ainsi que trois ans d’interdiction de stade à l’encontre de Christophe H. Le jugement a été mis en délibéré au 8 avril. | ||||||||||||||
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