Cinéma 27 nov. 6h51

Fechner, le nabab aux 100 millions d’entrées

Décès. . Le producteur des Charlots, «Camille Claudel» ou des «Bronzés 3» est mort, hier, à 64 ans.

5 réactions

DIDIER PÉRON

Le producteur Christian Fechner est mort hier d’un cancer, à l’âge de 64 ans. Avec lui disparaît l’un des plus fameux (et des plus secrets) nababs du cinéma français, qui pouvait se targuer, dès 1986, après quinze ans d’activité à la tête de sa société, les Films Christian Fechner, de totaliser 100 millions de spectateurs. Sa fin de carrière n’est pas mal non plus, puisqu’elle affiche en particulier le coup du retour des Bronzés 3, qui passera la barre des 10 millions d’entrées.

Aigu. Né en 1944, fils d’un aristocrate autrichien qui a fui son pays au moment de l’Anschluss, Christian Fechner grandit à Agen, puis à Toulouse. Sa carrière commence à la maison de disques Vogue, où il s’occupe du chanteur Antoine, qui cartonne à l’époque, et rencontre un jeune groupe, les Problèmes, qui deviennent les Charlots. Ils chantent puis font du cinéma. Premier film, les Fous du stade, produit par Fechner, et gros succès en 1972. Le jeune homme enchaîne avec un sens aigu du goût du public les projets rentables en faisant travailler tout le star-system français : Belmondo (l’Animal), Pierre Richard (la Course à l’échalote), Lino Ventura (le Ruffian), Annie Girardot (la Zizanie), Louis de Funes et Coluche (l’Aile ou la Cuisse), la troupe du Splendid (Papy fait de la résistance, Marche à l’ombre…). Il s’associe un temps à Claude Zidi et à Claude Berri avant de rentrer à la Gaumont, où officient déjà deux démiurges, Alain Poiré et Daniel Toscan du Plantier. En 1979, ce passionné de prestidigitation depuis l’enfance reçoit au Congrès mondial de la magie deux titres de champion.

En 1986, virage toute, il vend subitement l’intégralité de son catalogue et les studios de Boulogne à la Générale des eaux pour 500 millions de francs. Il veut produire le Camille Claudel dont Adjani rêve depuis longtemps sans parvenir à le financer. Le film recueille une moisson de césars et Fechner, jusqu’alors cantonné dans un style de cinéma peu sérieux, gagne avec ce «biopic», pionnier d’un genre voué à se développer, ses galons de producteur de prestige.

Esthète. En 1990, nouvelle prise de risque, il vole au secours des Amants du Pont-Neuf, alors en plein naufrage. Mais la relation entre Fechner et le turbulent Leos Carax se dégrade, et les deux hommes, à la sortie du film, ne s’adressent plus la parole. En 1993, il passe à la réalisation en signant une (coûteuse) adaptation d’un roman de Michel Folco, Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu.

Discret, accordant peu d’entretiens, cet esthète atypique, heurté par les mauvaises critiques contre les Bronzés 3, déclarait en 2007 : «En France, on n’aimera jamais le succès. On lui préférera toujours l’échec confidentiel.»

Vos commentaires

5 commentaires affichés et 0 en attente de modération.

banjo
un grand
un grand est parti mais restera des rires et sourires
Jeudi 27 novembre à 20h43
olive
courageux
il est le seul a avoir pris des risques pour remettrer en selle louis de funes. acunes assurances voulais le couvivre. cela a premis a louis de faire plusieurs flim avec lui le plus connu l'aile ou la cuisse. merci monsieur fechner.
Jeudi 27 novembre à 14h39
pantins et nabots
retraite pour vivre...ou pour mourir ?
le pôv' pas pu aller jusqu'à 70 ans !!!
Jeudi 27 novembre à 10h46
gyzmo
un grand producteur comme il n'en existe plus
on espère que les César lui feront l'hommage auquel il a le droit!!!!!
Jeudi 27 novembre à 10h24
acromegalix
Fechner et Houdin
A signaler aussi qu'il était aussi l'un des plus grands spécialistes du magicien/horloger Robert Houdin dont il collectionnait les automates. Il écrivait régulièrement des livres et des articles érudits sur le sujet.
Jeudi 27 novembre à 08h43

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