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«On n'est peut-être pas rentables, mais au moins on est utiles»
Un millier d'acteurs du milieu de la culture ont manifesté cet après-midi à Paris pour dénoncer le désengagement de l'Etat. Reportage.
Cordélia Bonal
LIBERATION.FR : vendredi 29 février 2008
Les artistes rassemblés cet après-midi place du Palais-Royal à Paris, entre le Louvre et le ministère de la Culture, avaient prévu des masques. Des masques en carton blanc représentant des têtes d'ours. «Parce que les artistes sont comme les ours blancs: en voie de disparition.» Salariés de scènes nationales, intermittents, étudiants: plus d'un millier d'acteurs de la culture, pour beaucoup venus du spectacle vivant, sont venus dénoncer le «désengagement de l'Etat» qui les prive de leurs moyens et la «logique de rentabilité» qu'on voudrait leur imposer.
Pancartes et autocollants relaient le malaise qui monte depuis plusieurs mois: «Environnement: quelle planète pour nos enfants; culture: quels enfants pour notre planète?», «La banlieue aussi a droit a l'excellence», «La musique adoucit les mœurs, nous en priver est une déclaration de guerre»...

Oubliées les querelles de chapelles, la solidarité entre petites et grosses structures est de mise, sur le thème «tous dans la même galère». «Les petits sont touchés les premiers, mais on ne peut pas compartimenter, nous avons tous besoin les uns des autres. C'est comme un château de cartes: si on en enlève une, tout s'écroule», résume l'un des membres de L'Apostrophe, la scène nationale de Cergy-Pontoise.

Les cartes, de fait, commencent à vaciller. «Albanel nous dit qu'il n'y a pas de désengagement, mais nous on le voit concrètement: on vient de nous annoncer qu'il va falloir baisser notre budget de 4%», explique Sophie, de la compagnie de théâtre de rue Deuxième groupe d'intervention, subventionnée par la direction régionale des affaires culturelles (Drac) d'Ile-de-France. «Cela va forcément affecter notre fonctionnement. En ce moment, on monte une nouvelle production, on ne sait même pas si on va pouvoir aller au bout.»

«Vision consumériste de la culture»

Derrière la question du budget, c'est plus globalement l'inflexion d'une politique culturelle de service public vers une logique de rentabilité qui alarme. «Conditionner les subventions à des objectifs de résultat, c'est empêcher l'ambition, la prise de risques pour aller chercher de nouveaux publics, les actions de proximité dans les hôpitaux ou les écoles», poursuit Sophie. «Le théâtre de rue est gratuit par nature. Donc non, on n'est pas rentables, mais au moins on est utiles», renchérit Perrine, l'une des comédiennes.

A l'Apostrophe de Cergy, le «vocabulaire de marché» de Christine Albanel irrite. «Elle a une vision consumériste de la culture, s'agace un comédien. Mais ce n'est pas ça la culture!» Et de pointer l'effet contre-productif d'une culture du résultat qui, loin d'attirer de nouveaux publics, risque de plonger la culture dans le conformisme tout en la cantonnant à l'élite.

Etudiant en master pro «métiers de la culture» à Evry, Florent s'inquiète lui aussi de «la transformation en industrie d'un service culturel», convaincu qu'«un pays qui sacrifie sa culture, c'est un pays qui se désagrège, qui a du mal à évoluer». Lui et ses camarades de promotion ne croient pas une seconde au développement du mécénat que préconise le ministère. «Ce n'est pas un palliatif viable. Fonctionner avec le mécénat, c'est raisonner en termes de communication, pas de contenu.» «Lors de nos stages, poursuit Florent, on voit bien le manque de moyens, la paupérisation de l'offre comme celle de la profession.» A côté de lui, Juliette conclut, fataliste: «Au moins, on sait à quoi s'attendre.»
MontpellierCréativité
Je me demande pourquoi certains doivent justifier leurs heures de travail... Le boulot de création, cela ne pose aucun doute...nul n'aura besoin de le défendre car il est là, à vue de nous tous! L... Samedi 01 Mars 2008 - 10:23
Sandor K.28 réactions....
L'article difficilement trouvable le lendemain sur le site de libé... 28 petites réactions... La culture n'est plus à la page, alors...... Samedi 01 Mars 2008 - 07:50
MatthieuBesoin de subventions ?
C'est curieux, ces artistes qui considèrent que la culture doit être subventionnée. Si ce qu'ils font ne plaît à personne, libre à eux de le faire, mais qu'ils ne demandent pas l'argent des autr... Samedi 01 Mars 2008 - 06:03
Nawakà gui et gabrielle
Votre programme est réjouissant : bosser , boire , bouffer , baiser , dormir , TF1. Sarkozystes non ?... Samedi 01 Mars 2008 - 05:49
DidierOn a déjà donné...
Entre les taxes sur les CD, les DVD, les clés USB, les disques durs externes, ... et bientôt les connexions internet, on a déjà donné, merci ! Si les artistes veulent des sous qu'ils aillent dema... Samedi 01 Mars 2008 - 05:49
chambo@ gui
Interressant, mais tu me décris un designer, un ingenieur ou quoi d'autres? Des gens qui produisent quelque chose et ne sont pas dependent de l'Etat. La culture biensur tout le monde s'en sert si l... Samedi 01 Mars 2008 - 05:47
olivierlacheté
En épargnant les gros, A. Mnouchkine confirme que sa subvention n'est pas réduite, le président de la république et son gouvernement aux ordres font preuve de lacheté immonde, dans l'espoir de q... Samedi 01 Mars 2008 - 05:08
Freenon à la Kulture d'Etat
Personne ne nie l'utilité de la culture mais c'est à chacun de l'estimer, elle n'a pas à être décréter par des artistes subventionnés suffisamment arrogant pour se croire indispensables. ... Samedi 01 Mars 2008 - 04:31
robin hoodkultur ou konfitur?
Moins on en a, plus on l'étale...... Samedi 01 Mars 2008 - 04:29
PlisskenA gui
Gui, personne ici ne conteste l'utilite de la culture ou le besoin d'art dans notre societe. Ce que personnellement je conteste c'est la vieille rengaine des "moyens". L'intervention de l'etat, les su... Samedi 01 Mars 2008 - 02:56
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