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«Afterschool», études critiques
Virtuose. Premier long métrage incroyablement maîtrisé d’Antonio Campos.
D.P.
QUOTIDIEN : samedi 24 mai 2008
Un certain regard Afterschool d’Antonio Campos avec Ezra Miller, Jeremy White, Emory Cohen… 2 h 02.

Premier long métrage d’Antonio Campos, Afterschool est certainement l’un des meilleurs films que l’on ait vus à Cannes pendant ces dix jours de marathon. Rattrapé in extremis en DVD (!!!) - la projo unique un après-midi en début de course ayant été ratée par nos services.

Campos n’est pas un inconnu sur la Croisette. Il avait décroché le prix du court métrage de la Cinéfondation en 2005 avec Buy it Now. Né à New York en 1984, il aurait, à 13 ans, menti sur son âge pour entrer à la New York Film Academy, où il écrit et réalise son premier court intitulé Puberty. Pendant les cinq années suivantes, il signe une vingtaine de films (courts et docus). C’est donc une sorte de surdoué qui doit bien énerver ses petits camarades, mais c’est tant pis pour eux.

Chic. Incroyablement maîtrisé, écrit et monté par Campos lui-même, Aftershool se déroule dans une école chic de la côte Est. Le personnage principal est le nouveau venu, Robert, qui passe son temps libre à surfer sur Internet à la recherche d’images violentes ou pornos. Quand il se met à filmer lui-même en vidéo, il est le premier témoin de la mort des sœurs jumelles Thalbert qui ont absorbé un mélange de drogue et de poison.

Réel. Graphisme épuré, virtuosité dans les changements des régimes d’images (scope, vidéo) et du travail sur la bande-son, neutralité du jeu des adolescents, Campos livre une étude quasi clinique sur les nouveaux rapports aux images qui attentent, par leur profusion même, à l’intégrité des expériences et du réel.

Deux types se battent dans les couloirs, une fille s’offre à un pornographe, Saddam Hussein est exécuté par pendaison… et une seule question, qui revient à chaque fois : «Is it for real?» («c’est pour de vrai ?»).

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